Une histoire vraie… trop longtemps gardée secrète

Une enfance heureuse

Je peux me rappeler d’une enfance calme et paisible, de parents présents et amoureux et d’une famille unie.  Une mère à la maison dévouée et aimante, des activités familiales en grande quantité, 2 sœurs avec qui m’amuser, bref, rien à signaler.

Je ne sais donc par quelle vulnérabilité biologique ou prédispositions héréditaires j’avais été conçue, mais déjà très petite, je me souviens de paniquer à l’idée que ma mère me quitte.  Vers l’âge de 3 ans, lorsque ma mère quitta la maison pour aller accoucher de ma petite sœur, je me souviens avoir été terrifiée, inconsolable.

Diagnostic de parents : Anxiété de séparation.

Une adolescence ordinaire

Mon adolescence ressemble à n’importe quel autre, si on oublie le fait que je voulais être parfaite en tout temps.  J’étais l’élève du primaire qui avait déjà 2 heures de devoirs par soir, vous imaginez ? Mes lectures, je les pratiquais tellement que je les savais par cœur chaque semaine.  Au secondaire, une de mes seules activités de soirées étaient d’étudier.  S’il y avait 10 problèmes de mathématique à faire, j’en faisais 15.  S’il fallait relire une page d’un chapitre en sciences, je relisais livre au complet, vous voyez le genre ?  Au Cégep, j’étais gravement atteinte de ‘’l’étudite égue’’.  Les symptômes sont les suivants : Étudiante du Cégep qui déjeune en étudiant, dine en étudiant, soupe en étudiant et s’endort chaque soir en étudiant.  Sa seule activité de la fin de semaine est d’étudier.  J’exagère à peine, parlez-en à mes colocataires de l’époque, vous serez surpris.  Croyez-vous que j’avais de bons résultats ?

Diagnostic d’un enseignant : Anxiété de performance. Faible estime personnelle (je me valorisais à travers mes résultats)

Dès l’âge de 14 ans, j’avais trouvé l’homme de ma vie et je me suis accrochée à lui comme à une bouée.  Il allait devenir le père de mes enfants plus tard.

Diagnostic d’adulte : Besoin extrême de sécurité affective.

ÉtudeUn début de vie adulte bouleversant

C’est au même moment de débuter mes études universitaires que j’ai décidé d’avoir mon premier enfant.  C’est aussi durant mon baccalauréat que j’ai eu mon 2ième  enfant.  Je revivais mon anxiété de séparation même avec mes enfants.  En cachette, je pleurais régulièrement en allant les porter à la garderie.  Mes études allaient bon train, de réussites en réussites, avec la chance d’être vraiment bien entourée de deux filles merveilleuses, compréhensives.  La force du groupe.  Mais c’était pour les études, car c’est difficile à croire mais je n’avais aucune amie à cette époque.  J’étais une maman et, une étudiante.

Durant mon baccalauréat, j’ai dû être opérée pour l’ablation de la vésicule biliaire après avoir souffert de plusieurs ‘’crises’’ et de séjours à l’hôpital qui m’ont laissée amaigrie et faible.

C’est suite à cet événement que les choses commencèrent à se complexifier.

Durant un examen d’algèbre linéaire avec M. Leclerc, la panique s’est emparée de moi : palpitations, sueurs, vision embrouillée, respiration rapide, nausée, vertige.  J’ai cru que c’était les effets de l’anesthésie ou un problème suite à mon opération.  M. Leclerc fut parfait à ce moment précis, il a utilisé les mots exacts que je voulais entendre et je me suis calmée.

Plusieurs mois, voire plusieurs années se sont écoulées sans qu’aucun symptôme ne réapparaisse.  En fait, mes premières années d’enseignante au secondaire étaient bouleversantes, stressantes et je remarquais une tendance à l’hyper-vigilance, à l’hyper-sensibilité et je consacrais un temps incroyable à la préparation impeccable de mes cours dès le moment où  mes enfants étaient couchés jusqu’à très tard chaque soir.  Durant les quatre premières années de ma carrière, j’ai changé d’école 3 fois, enseigné 5  matières différentes dans 8 locaux différents, à des centaines d’élèves par année.

Vinrent ensuite plusieurs ‘’facteurs précipitants’’ en langage psychologique.  Une mononucléose, un avortement, la mort de ma belle-mère (cœur) et de ma cousine (leucémie) de façon subite, des problèmes d’argent, des problèmes conjugaux et la ‘’cerise sur le sundae’’, du harcèlement au travail.

Mes ressources étaient déjà épuisées depuis longtemps lorsque revinrent me visiter ‘’les crises de panique’’.  Je ne savais pas ce qui m’arrivait mais une chose est certaine, je croyais être en train de devenir complètement ‘’folle’’, déconnectée de la réalité.  Je croyais souffrir d’un mal imaginaire dont j’étais la seule à être atteinte.  Je pensais être déséquilibrée.

Chaque crise m’attaquait sans avertissement, n’importe où, avec ses sensations terribles d’étouffement, d’étourdissements, de palpitations, de tremblements, de nausées, de sentiments d’irréalité, de douleur thoracique, de vertige.  C’était brutal. 

J’avais tellement honte et je ne comprenais pas ce qui m’arrivait.

Je vais vous avouer que je suis allée aux urgences à maintes reprises, croyant faire une crise cardiaque ou étant certaine d’avoir une tumeur au cerveau ou un problème neurologique grave.  Je suis le genre à avoir un dossier médical vraiment très épais sans jamais avoir été réellement malade.  C’est clair pour vous ?

Insidieusement, je me suis mise à éviter plusieurs situations, plusieurs activités, j’ai commencé à m’isoler.  J’ai pensé m’auto-médicamenter  avec de l’acétaminophène, des ibuprofènes, des trucs homéopathiques pour me calmer.  Mais rien ne fonctionnait, pire encore, j’ai réussi à me créer une céphalée d’origine médicamenteuse.  Oui, ça se peut.

De nuits terrifiantes en nuits mouvementées, je devais affronter mes journées sans énergie, avec une envie de pleurer constante, en anticipant des scénarios catastrophiques. J’appréhendais toujours un malheur, en plus de ressentir une multitude de symptômes du lever au coucher. Pour n’inquiéter personne et éviter les jugements, j’étais devenue la reine de la fuite et de l’évitement, étant experte à  faire semblant, inventer des raisons de demeurer chez moi le plus souvent possible.  Je vivais avec la peur d’être humiliée, embarrassée, jugée, ridiculisée.

La douleur, l’insatisfaction et le sentiment d’impuissance faisaient partis de mon quotidien.

Mon cri ‘’à l’aide’’

C’est lors d’une marche en famille que j’ai confié tous mes angoisses à ma grande sœur.  Je peux dire qu’elle m’a littéralement sauvé la vie.  Elle a été pour moi d’un immense secours et m’a conseillé des techniques très simples et efficaces pour contrôler mes crises et distraire mon cerveau.  Diagnostic d’une sœur : Crise d’angoisse

Par la suite, mon médecin a pris le temps d’écouter mon histoire et d’entendre ma souffrance.

Il avait compris qu’on ne traite pas ‘’la maladie’’ mais plutôt ‘’l’être humain’’ derrière celle-ci.

Diagnostic d’un médecin : Trouble panique avec agoraphobie

Il m’a dit une phrase clé dans mon rétablissement : ‘’Il faudra peut-être songer à la médication mais une excellente hygiène de vie avec beaucoup d’exercices et une thérapie appropriée peuvent guérir les troubles paniques’’.

Savez-vous quoi ?  Au début, j’ai opté pour les médicaments.

Et des médicaments, j’en ai pris.  Reflux gastriques, somnifères, antidépresseurs, anxiolytiques, migraines, pompes pour l’asthme, etc…  Je n’étais plus moi-même. Un robot sans émotions, une morte vivante.

Un moment donné, j’ai eu un choc en voyant mon pilulier… À peine 25 ans et déjà hyper-médicamentée.  Était-ce là le modèle que je voulais laisser à mes enfants ?  Pourtant, j’avais étudier tellement le domaine de la santé au naturel… mais cordonnier mal chaussé… c’était plus facile de mettre un ‘’plaster’’ sur les bobos que les traiter ‘’à froid’’.

Par la suite,  je suis devenue proactive dans ma guérison.  Josée Lavigueur était devenue ma meilleure amie, celle avec qui je faisais une heure d’exercices par jour grâce à ses vidéos d’aérobie. Mes enfants se souviendront des innombrables marches et courses en poussette, ou des ballades interminables en vélo. Je croyais dur comme fer que le sport me sauverait.  J’étais déjà sportive, mais là, j’étais devenue sportive compulsive. C’était tout ou rien. Je finissais pas m’épuiser à force de surentraînement.

Suivirent ensuite les rencontres et traitements avec une naturopathe, un massothérapeute, un acupuncteur, une travailleuse sociale, un psychologue, une infirmière, et même un médium !  Vous vous souvenez de la petite fille perfectionniste à l’extrême ?  Voilà une preuve accablante, je n’ai rien à dire pour me défendre.  Mon arrêt de travail de douze semaines a servi à ‘’étudier’’ de fond en comble le trouble panique.

Vous avez des questions ? J’ai une réponse.  J’ai presqu’un diplôme en trouble anxieux après avoir lu des dizaines de livres sur le sujet.

Après avoir essayé une multitude d’exercices et appliqué les stratégies, non sans difficultés et plusieurs échecs, j’ai tout de même cessé les médicaments l’un après l’autre, sur une période de plusieurs années.

La psychiatre a parlé, le diagnostic final est tombé

Après ces années, d’autres situations difficiles de vie ont croisées mon chemin.  Il était évident que mon système d’adaptation aux changements était encore peu développé malgré tous les efforts que j’avais faits.  Après plusieurs évaluations, le diagnostic d’une psychiatre : TAG (trouble anxieux généralisé) est tombé, sans vraiment de surprise pour moi. Je l’ai accepté, quoi faire d’autre de toute façon ?

C’est avec le temps et avec beaucoup d’efforts, d’essais et d’erreurs et de persévérance que j’en suis venue à me créer une trousse d’actions de secours.  Les médicaments ne font plus partie de mes options maintenant.

Ils sont en trois niveaux :

  • Les actions d’urgence et de survie en cas d’attaque de panique, d’angoisse.
  • Les actions pour rétablir une stabilité émotionnelle dans des périodes de vie stressantes.
  • Les actions pour maintenir le calme intérieure à long terme, pour demeurer zen en permanence.

Si vous êtes curieux de connaître ces actions efficaces qui ont eu un impact majeur dans ma guérison, vous êtes les bienvenus à l’une de mes conférences.  Vous pouvez m’écrire en privé à l’adresse karine@karinedostie.ca pour que je puisse vous envoyer ma trousse de secours !

Pourquoi je vous raconte mon histoire ?

Réponse de Mme Karine,  enseignante et formatrice :

Parce que statistiquement parlant, au Canada, une personne sur trois vivra une attaque de panique au cours de sa vie.  Je me dis donc que parmi les gens qui liront cet article, si je viens éclairer une seule personne atteinte de ce trouble, et bien ce sera une victoire pour moi et cela vaudra la joie de célébrer ! Alors n’hésitez surtout pas à témoigner si c’est votre cas.

De plus, il y a 25% de la population canadienne qui vivra un problème d’anxiété au cours de sa vie.  De ce fait, s’il y a 4 personnes qui lisent cet article, peut-être qu’une d’elle se sentira moins seule et ce sera une 2ième raison de fêter !

En terminant, une dernière statistique pour le moins frappante : 75 à 90% de toutes les visites chez les médecins généraux en Amérique du Nord sont reliées à des désordres occasionnés par le stress. Moi qui me tourmentais à l’idée d’être seule à vivre mon malheur, et bien vous savez maintenant qu’il n’y a aucune raison de s’isoler.

Réponse de Maman Karine :

Mes amours, il se peut que vous ayez quelques vulnérabilités héréditaires. Si c’est le cas, je suis là pour vous guider vers un bien-être profond et durable.

Réponse de Karine chérie,  amoureuse :

Si tu as parfois l’impression que ton amoureuse raisonne bizarrement, que tu crois qu’elle est dotée d’un moteur interne avec aucune interruption ‘’arrêt’’, que tu  trouves son comportement contrôlant ou ses réactions inadaptée, et bien souviens-toi avec beaucoup d’amour qu’elle a un TAG, ou qu’elle vit son syndrome prémenstruel. Ça dépend de la date.

Réponse de l’amie Karine :

Cher ami, si tu vis un jour avec la peur et l’angoisse ou toute autre maladie, je t’en supplie, ne t’isole pas.  Va chercher de l’aide, ne reste pas seul avec tes problèmes. Souviens-toi du  vieil adage : ‘’ tout ce qui ne s’exprime pas s’imprime’’ et n’oublie pas que le meilleur remède contre la peur est ‘’l’action’’.

Confidences d’une ex-anxieuse
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