Ode à mes bourrelets

Vous êtes entrés dans ma vie progressivement.  Je vous voyais venir, mais je ne pensais jamais que vous vous pointeriez en si grand nombre.  J’ai toujours été un peu plus « bâtie » que la majorité de mes amies, mais je me suis longtemps située dans mon poids santé.  Je pense qu’on peut expliquer votre immigration massive sur mon corps par le stress des épreuves vécues dans les dernières années et par le dérèglement de ma glande thyroïde. Vous avez clairement interprété mes rages de sucre et de cochonneries comme une invitation à vous établir chez moi.

Déterminée à me débarrasser de mes visiteurs impromptus, je vous ai fait la guerre pendant des années. J’ai essayé tant bien que mal de vous chasser de ma demeure corporelle, mais, chaque fois que je réussissais à éliminer quelques-uns d’entre vous, vous reveniez à la charge avec du renfort en plus!

Vous m’avez fait vivre un enfer à une certaine époque de ma vie. Je vous accusais de tous les malheurs qui se présentaient à moi. Puis, un jour, j’ai rangé les armes et sorti le drapeau blanc. C’est quand j’ai lâché prise que j’ai compris les bénéfices qui venaient avec votre passage dans ma vie.

Vous m’avez permis de devenir quelqu’un de meilleur. Vous m’avez obligée à développer d’autres forces que celle d’être « jolie ». Vous m’avez permis de comprendre davantage l’être humain.

J’ai connu (et je connais encore) les regards de dégoût et les jugements gratuits. J’ai compris ce que des milliers de femmes vivaient avant moi. J’ai subi les mêmes remarques désobligeantes que j’ai faites (en secret) moi-même à une certaine époque. Vous m’avez rendue plus humaine, moins superficielle.

Vous avez éloigné de moi bien des hommes qui n’en valaient pas la peine.

Vous m’avez obligée à me recentrer sur ce qui compte vraiment dans la vie et qui n’est pas visible à l’œil nu.

Vous m’avez fait mal, mais vous m’avez réparée.

Aujourd’hui, même si je n’ai jamais été aussi lourde de toute ma vie, je me sens mieux qu’à mes 20 ans. J’ai pris conscience de la chance que j’avais d’être « moi ». Aucun chiffre sur la balance n’arrivera plus jamais à me convaincre du contraire.

Même si j’ai appris à vivre avec vous, je sais que je devrai bientôt vous dire adieu. Porter 60 lbs de vos semblables, c’est fatigant et mauvais pour la santé.

Maigrir

Si je veux retrouver toute mon énergie et vivre longtemps pour m’occuper de mon enfant spécial qui aura besoin de moi, je dois tout faire pour vous renvoyer d’où vous venez, mais sachez que je n’oublierai jamais ce que j’ai appris en votre présence.

Amélie
Amélie

Amélie est une jeune maman souriante et courageuse.  Elle transmet sa passion pour la langue française en enseignant au secondaire.  Très créative et d’une immense générosité, elle partage ses expériences de vie dans différents blogs en vue d’aider et de redonner espoir aux gens.  Le passage de cette jeune femme authentique dans votre vie vous fera le plus grand bien.

Ode à mes bourrelets
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